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Infiltrer les eaux de pluie sur sa parcelle : pourquoi la mairie l’exige et comment on dimensionne

, lecture 5 min

Infiltrer la pluie et connaître la nappe La pluie tombe sur une maison ; la gouttière conduit l’eau vers une tranchée remplie de graviers dans le jardin, d’où elle s’infiltre dans le sol. Plus bas, la nappe, avec son niveau du jour et son niveau des plus hautes eaux. À droite, un piézomètre mesure la nappe et un essai de perméabilité est en cours dans un trou rempli d’eau. Terre végétale Limon Graviers Plus hautes eaux Nappe du jour écoulement vers le Rhin → 0 m 1 m 2 m 3 m 4 m

Pourquoi on ne peut plus envoyer la pluie à l’égout

Quand un terrain est bâti, la pluie qui tombait dans l’herbe arrive d’un coup dans les réseaux. Multiplié par un lotissement, cela fait des canalisations qui débordent et des rues inondées. Les communes ont donc fixé une règle simple : la pluie qui tombe sur votre parcelle doit, autant que possible, rester sur votre parcelle. C’est le « zonage pluvial », repris dans le PLU et dans les règlements de lotissement. L’Eurométropole de Strasbourg, Colmar, Mulhouse et de nombreuses communes du Bas-Rhin et du Haut-Rhin l’appliquent.

Concrètement, le permis de construire demande de montrer comment vous gérez une pluie de référence (souvent une pluie décennale ou vingtennale) : où elle est stockée, comment elle s’infiltre, et à quel débit le reste part au réseau quand l’infiltration ne suffit pas.

Tout dépend de la perméabilité du sol

Pour dimensionner l’ouvrage, il faut savoir à quelle vitesse votre sol absorbe l’eau. C’est la perméabilité, notée K, en mètres par seconde ou en millimètres par heure. En Alsace, elle varie énormément sur quelques kilomètres :

  • Graviers de la plaine du Rhin : très perméables. Une petite tranchée suffit, mais la nappe est parfois proche.
  • Lœss et limons des collines (Kochersberg, piémont) : perméabilité moyenne, qui baisse quand le sol est gorgé d’eau.
  • Argiles et marnes (Sundgau, pied des Vosges, certains fonds de vallée) : presque étanches. Infiltrer n’est pas réaliste, il faut stocker et rejeter à débit limité.

Prendre une valeur dans une table, c’est risquer un ouvrage deux fois trop grand (et son coût) ou deux fois trop petit (et le jardin inondé). D’où la mesure sur place.

L’essai de perméabilité, en pratique

L’essai le plus courant pour une maison est l’essai Porchet : on creuse un trou à la profondeur du futur ouvrage, on le remplit d’eau, on le laisse se saturer, puis on mesure la vitesse à laquelle le niveau baisse. L’essai Matsuo fait la même chose dans une fouille plus large ; l’essai Lefranc se fait dans un forage, plus profond.

Nous faisons généralement deux ou trois essais à des endroits et des profondeurs différents, car un sol n’est jamais tout à fait homogène. La demi-journée sur place comprend aussi un sondage pour repérer la nappe : on n’infiltre pas dans une nappe qui affleure, il faut garder au moins un mètre entre le fond de l’ouvrage et le niveau des plus hautes eaux.

Ce que l’étude vous donne

Un rapport court, que vous joignez au permis ou donnez à votre constructeur :

  • la perméabilité mesurée, à la profondeur utile ;
  • le niveau de la nappe, et les plus hautes eaux connues ;
  • le volume à stocker pour la pluie de référence de votre commune, calculé à partir de vos surfaces de toiture et de terrasse ;
  • un pré-dimensionnement de l’ouvrage : noue (un fossé large et peu profond engazonné), tranchée drainante remplie de graviers, puits d’infiltration, ou cuve de rétention avec rejet à débit limité si le sol n’infiltre pas ;
  • les cas où il ne faut pas infiltrer : nappe trop haute, argiles, forte pente, proximité d’une fondation, périmètre de captage.

Combien ça coûte

À partir de 590 € pour une maison individuelle, selon le nombre d’essais et la profondeur. Si vous faites déjà une étude de sol G2 ou une G1 avec nous, l’essai de perméabilité s’ajoute en option à partir de 190 € : le déplacement et les sondages sont les mêmes.

Pour un lotissement ou une zone d’activité, nous fournissons la partie hydrogéologique du dossier loi sur l’eau, et travaillons avec votre bureau d’études VRD.

Trois erreurs à éviter

  1. Infiltrer contre la maison. L’ouvrage doit être à plusieurs mètres des fondations, et en aval de la pente.
  2. Oublier l’entretien. Une noue se tond, un regard se nettoie, une tranchée se colmate en dix ans si l’eau arrive chargée de terre.
  3. Dimensionner sur la perméabilité d’été. Le sol absorbe moins en hiver, quand il est saturé ; l’essai se fait sol saturé, et le calcul garde une marge.

Votre commune demande une étude d’infiltration ? Demandez un devis, il vous faut seulement l’adresse et, si vous les avez, les plans.

Une question sur votre terrain ?

Un ingénieur CST vous répond et vous oriente vers la bonne mission, sans engagement.

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